mercredi 1 avril 2009
le partage du sensible (extrait)
Un événement organisé par Les Blouses Bleues en partenariat avec le Fresnoy- Studio national des arts contemporains et le Conseil Général du Nord.
Ce film a été réalisé grâce au soutien de la Fondation Réunica Prévoyance, sous l'égide de la Fondation de France, dans le cadre du programme "Partager l'Art, transformer la société".
Les Blouses Bleues ont mené un vaste programme de partage de l'Art et de stimulation artistique dans sept maisons de retraites ou hôpitaux du département du nord. Ces établissements ont pu bénéficier d'ateliers de pratique artistique utilisant des outils technologiques du théâtre vidéo comme vecteur de communication et d'expression.
Grâce à l'utilisation des caméras, d'un écran et d'un vidéoprojecteur, il s'agit pour la personne âgée de parcourir à nouveau son corps, de sentir ses mains, ses bras, sa tête, de voir l'image de son corps, de la peindre ensuite avec des lumière et des couleurs... Façon de se regarder dans le miroir du cinéma, afin de reconnaître sa propre identité et de confronter ses états d'âme à l'image qu'en livre ce miroir artistique, car le regard livre et délivre nos pensées les plus intimes.
Ce sont ces moments de rencontres, d'échanges, de vie, que le film le partage du sensible donne à découvrir.
mardi 31 mars 2009
Un programme à enjeu humain

A) Une attaque artistique de la maladie d’Alzheimer et des pathologies apparentées : une revalorisation par l’image où la personne se voit faire
S’il y a, bien entendu, nécessité de préserver la dignité et la qualité de vie des personnes âgées en situation de dépendance, d’accompagner les familles des patients en détresse, et de financer la recherche médicale pour lutter contre la maladie d'Alzheimer, il importe également que cette maladie soit combattue artistiquement et « esthétiquement », pourrait-on dire, dans la mesure où elle soulève des interrogations fondamentales et éthiques qui concernent chaque être humain relativement à son propre vieillissement.
A cet égard, si la maladie d'Alzheimer et les maladies apparentées sont restées trop longtemps ignorées, il est clair que cela a correspondu au déni de la société du jeunisme, société qui ne veut pas voir, qui a peur de vieillir et qui refuse de s'interroger sur le sens de ce qu'elle vit.
C’est en tout premier lieu aux artistes de l’image qu’il revient de regarder les personnes âgées sans voyeurisme, sans instrumentalisation et d’en faire apparaître la magnifique humanité.
Le Docteur Herbin du centre de cure médicale le Vert Pré de Roubaix, le Docteur Camus de l’hôpital de la Fraternité (Roubaix), et enfin le Docteur Philippe Bazin artiste photographe qui a consacré une grande partie de son travail d’artiste-médecin aux personnes âgées, n’ont cessé d’encourager le développement de cette approche artistique spécifique dans la mesure où elle croise plusieurs médias tels que le théâtre, la vidéo, le cinéma et les arts plastiques.
Validée par ce qu’elle procure à chaque fois non seulement comme effets concrets de bonheur mais aussi comme effets « thérapeutiques » (les images fournies avec ce dossier parlent d’elles-mêmes), la responsabilité s’est fait ressentir de répondre positivement à une demande énorme des équipes soignantes de développer et de diffuser ce programme novateur pour le bien être des personnes en situation de dépendance. C’est le succès rencontré par cette approche humaine globale de « ré esthétisation » qui engage éthiquement à poursuivre cette action afin qu’elle se développe à la fois elle-même dans ses contenus mais aussi le plus largement possible au niveau national et international.

B) Un programme initié lors des ateliers de sensibilisation artistique au théâtre et à la vidéo
« Parler de leurs vies passées, avec respect, leur montrer leur visage devant la caméra, parcourir à nouveau ce paysage, se souvenir avec eux pour raconter des vies humaines, la vie qui finit et recommence toujours différente et identique à elle-même. Et à partir de là, se hisser à la hauteur d’un travail artistique qui met en lumière, en scène et en image, les personnes âgées telles qu’elles sont elles mêmes. Réaliser des images avec toutes les personnes qui le souhaitent afin de constituer un film entremêlant tous les témoignages et toutes les captations : multiplier les différents visages pour qu’ils n’en fassent plus qu’un, montrer les personnes âgées qui chantent, qui racontent, qui rient, et enfin mélanger les voix humaines avec des sons et des bruits d’eau, pour qu’elles n’en soient plus qu’une, infiniment variée. ».
Le travail est davantage de l’ordre de la stimulation sensorielle au niveau des cinq sens que d’un travail théâtral sur le langage. Il passe beaucoup par le toucher relationnel, les gestes et la parole apaisante et bienveillante. Les participants sont plongés dans un espace olfactif, visuel, vidéographique et musical à la fois, la musique, les lumières, les couleurs, les voix chantées, et les images fonctionnant en interaction avec les mouvements et réactions des personnes. Il s’agit avant tout de donner du plaisir avec des images simples et belles projetées sur le corps, la peau et sur les écrans, images relatives aux sensations élémentaires et à la douceur : le bleu du ciel, les fleurs, l’herbe verte, les étoiles, la montagne, les vagues de la mer, les ondulations de matières textiles à toucher en lien avec des sons et bruits réveillant des moments enfouis de la vie passée.
lundi 30 mars 2009
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